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Jason Marinho
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Règlement européen 2024/1028 : ce qui change pour votre location courte durée le 20 mai 2026

Règlement UE 2024/1028 entrée en vigueur 20 mai 2026 : enregistrement obligatoire, transmission automatique des données aux autorités, sanctions jusqu'à 50 000€. Guide complet pour propriétaires de meublés de tourisme

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Jason Marinho
8 Mai 2026

Dans 12 jours. Le 20 mai 2026.

C'est la date à laquelle entre en vigueur le règlement européen 2024/1028. Pour la première fois, l'Europe impose un cadre commun à toutes les locations courte durée. Enregistrement obligatoire dans toute la France. Numéro unique vérifiable. Transmission automatique de vos données aux autorités. Sanctions jusqu'à 50 000€.

Si vous louez un meublé de tourisme, ce règlement vous concerne. Tous. Particuliers comme professionnels. Résidence principale comme résidence secondaire.

Cinq minutes pour comprendre ce qui change vraiment, ce que vous devez faire avant le 20 mai, et comment transformer cette contrainte en avantage.

Le règlement européen 2024/1028 : c'est quoi exactement ?

Adopté le 11 avril 2024 par le Parlement européen, le règlement (UE) 2024/1028 marque ce que les experts appellent "le choc réglementaire le plus important depuis l'arrivée des plateformes".

Son objectif : harmoniser au niveau européen la collecte et le partage de données sur les locations courte durée.

Pourquoi ce règlement maintenant ?

Les chiffres parlent d'eux-mêmes.

En 2024, plus de 854 millions de nuitées ont été réservées via Airbnb, Booking ou Expedia en Europe. Soit +18,8% en un an.

Face à cette explosion, les pouvoirs publics ont voulu reprendre la main. Crise du logement dans les grandes villes. Tensions sur le marché locatif. Manque de visibilité sur l'activité réelle des plateformes. Difficultés des mairies à contrôler.

Le règlement européen apporte une réponse : la transparence forcée.

Qui est concerné ?

Tous les acteurs de la location courte durée. Sans exception.

Les propriétaires : que vous louiez un studio à la nuitée occasionnellement ou un portfolio de 10 villas. Particulier comme professionnel.

Les conciergeries et gestionnaires : qui gèrent des biens pour le compte de propriétaires.

Les plateformes : Airbnb, Booking, Abritel, VRBO et toutes les autres OTA. Elles devront vérifier les numéros d'enregistrement et transmettre vos données aux autorités.

Le règlement s'applique à toute location de moins d'un an, contre rémunération, qu'elle soit régulière ou occasionnelle.

Le règlement (UE) 2024/1028 entre en vigueur dans toute l'Union européenne le 20 mai 2026 et impose un cadre harmonisé aux locations courte durée

Les 4 obligations majeures qui vous concernent

Le règlement impose quatre nouvelles obligations. Toutes entrent en application le 20 mai 2026.

1. Enregistrement obligatoire de votre logement

Plus aucune location ne peut être proposée sans enregistrement préalable.

Concrètement : avant la mise en ligne sur Airbnb, Booking ou n'importe quelle plateforme, vous devez déclarer votre logement auprès de votre mairie via un téléservice national.

L'État vous attribue alors un numéro d'enregistrement unique. Ce numéro doit obligatoirement figurer sur toutes vos annonces.

En France, cette obligation existait déjà dans certaines communes (Paris, Marseille, Bordeaux). À partir du 20 mai 2026, elle se généralise sur tout le territoire.

2. Transmission automatique de vos données

C'est la nouveauté majeure du règlement.

Chaque mois, les plateformes transmettent automatiquement aux autorités françaises :

  • Votre identité (loueur)
  • L'adresse exacte du logement
  • Le numéro d'enregistrement
  • L'URL de l'annonce
  • Le nombre de nuits réservées
  • Le nombre de voyageurs par nuit

Fini les zones d'ombre. L'administration sait précisément qui loue quoi, quand, et combien.

Ces données alimentent un point d'entrée numérique unique (SDEP) géré par chaque État membre.

3. Vérification systématique par les plateformes

Les OTA deviennent des "gatekeepers" (gardiens) au sens du Digital Services Act.

Concrètement, Airbnb, Booking et leurs concurrents doivent :

  • Refuser toute annonce sans numéro d'enregistrement valide
  • Vérifier l'authenticité du numéro auprès des autorités
  • Désactiver immédiatement les annonces dont le numéro est suspendu

Les amendes pour les plateformes peuvent atteindre 4% de leur chiffre d'affaires mondial. Autant dire qu'elles seront extrêmement strictes.

4. Mise à jour en temps réel

Toute modification concernant votre logement (changement d'adresse, vente, transformation) doit être communiquée dans les 24 heures.

Cette obligation vise à maintenir l'exactitude des bases de données nationales en permanence.

Ce qui change pour vous le 20 mai 2026 (concrètement)

Vous louez actuellement votre bien sur Airbnb sans encombre ? Voici ce qui va changer.

Avant le 20 mai 2026

Selon votre commune, vous deviez peut-être déclarer votre meublé en mairie. Ou pas. Beaucoup de communes ne l'imposaient pas.

Vous publiez votre annonce sur Airbnb. La plateforme ne vérifie rien (ou peu). Vous percevez vos loyers. Vous déclarez vos revenus aux impôts au régime micro-BIC ou réel.

L'administration n'avait qu'une visibilité partielle sur votre activité.

Après le 20 mai 2026

Plus de zone grise possible.

Étape 1 : Vous vous connectez au téléservice national d'enregistrement (accessible depuis service-public.fr).

Étape 2 : Vous déclarez votre logement avec toutes les informations demandées (adresse, nombre de pièces, capacité d'accueil, etc.).

Étape 3 : Vous recevez votre numéro d'enregistrement unique.

Étape 4 : Vous l'affichez obligatoirement sur toutes vos annonces (Airbnb, Booking, votre site, vos canaux directs).

Étape 5 : Chaque mois, les plateformes transmettent vos données d'activité aux autorités. Sans intervention de votre part. Automatiquement.

Et si vous ne le faites pas ?

Votre annonce sera retirée des plateformes. Sans préavis. Sans recours immédiat.

Et les sanctions financières peuvent vite grimper.

L'enregistrement préalable de votre meublé de tourisme se fait via un téléservice national accessible depuis service-public.fr avant toute mise en location

Sanctions : ce que vous risquez vraiment

La loi française a complété le règlement européen avec des sanctions précises. Et elles font mal.

Défaut d'enregistrement : jusqu'à 10 000€

Vous louez sans avoir déclaré votre logement ou sans afficher votre numéro d'enregistrement ? Amende administrative pouvant aller jusqu'à 10 000€.

Cette sanction s'applique à chaque infraction constatée. Vous gérez 3 logements non enregistrés ? Théoriquement, l'amende peut être triplée.

Fausse déclaration : jusqu'à 20 000€

Vous avez sciemment fourni de fausses informations lors de l'enregistrement ? Adresse erronée, surface mal déclarée, type de bien faussé ? Amende doublée : 20 000€.

L'administration croisera vos déclarations avec les données cadastrales et les informations transmises par les plateformes. Difficile de tricher durablement.

Dépassement de durée : jusqu'à 15 000€

Pour les résidences principales, la durée maximale de location est de 120 jours par an (réduite à 90 jours dans les communes qui le décident, comme Paris, Marseille, Lyon ou Bordeaux).

Dépassement constaté ? Amende jusqu'à 15 000€.

Avec la transmission automatique des données, le contrôle devient automatique. Une fois les 90 ou 120 nuits atteintes, vos plateformes peuvent même bloquer les nouvelles réservations.

Suspension du numéro d'enregistrement

Au-delà des amendes, le maire peut suspendre votre numéro d'enregistrement. Notamment en cas de logement insalubre ou non conforme aux normes de sécurité.

Conséquence immédiate : retrait de toutes vos annonces sur toutes les plateformes. Pas de revenus possibles tant que la situation n'est pas régularisée.

Cumul possible avec sanctions fiscales

Attention : ces amendes liées au règlement 2024/1028 s'ajoutent aux sanctions fiscales déjà existantes en cas de revenus non déclarés.

Avec la transmission automatique des données aux autorités, l'administration fiscale recevra elle aussi des informations précises sur votre activité réelle. Difficile désormais d'oublier de déclarer.

Comment se mettre en conformité avant le 20 mai 2026

Il vous reste quelques jours pour anticiper. Voici la marche à suivre.

Étape 1 : Vérifier votre situation actuelle

Avez-vous déjà un numéro d'enregistrement ? Dans certaines communes, c'est déjà obligatoire.

Si vous louez à Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille, Nice, Annecy ou dans une commune touristique, vérifiez auprès de votre mairie.

Si oui, votre numéro existant sera intégré dans le nouveau système national. Pas besoin de tout recommencer.

Étape 2 : Préparer vos documents

Pour l'enregistrement, vous aurez besoin de :

  • Justificatif de propriété ou bail
  • Adresse exacte du bien
  • Surface et nombre de pièces
  • Capacité d'accueil (nombre de personnes)
  • Type de logement (résidence principale ou secondaire)
  • DPE (diagnostic de performance énergétique)
  • Récépissé de déclaration en mairie si déjà effectuée

Réunissez tout ça dès maintenant. Ça vous évitera de courir après les documents le jour J.

Étape 3 : Vérifier votre DPE

Depuis janvier 2025, les logements classés F ou G ne peuvent déjà plus être loués sur Airbnb dans certaines situations.

À l'horizon 2034, seuls les logements classés A à D pourront être proposés en meublé de tourisme dans les zones soumises à autorisation de changement d'usage.

Si votre DPE est mauvais, anticipez les travaux. Isolation, chauffage, ventilation. C'est un investissement, mais c'est obligatoire à terme.

Étape 4 : Faire la déclaration sur le téléservice national

Le portail national sera pleinement opérationnel d'ici le 20 mai 2026.

Connectez-vous, remplissez le formulaire, transmettez vos justificatifs. Vous recevrez votre numéro d'enregistrement par email sous quelques jours.

Étape 5 : Mettre à jour toutes vos annonces

Une fois le numéro reçu, mettez-le partout :

  • Annonce Airbnb
  • Annonce Booking
  • Annonce Abritel
  • Site internet personnel
  • Plateformes alternatives

Sans ce numéro affiché, votre annonce sera désactivée à compter du 20 mai 2026.

L'enregistrement préalable demande un dossier complet : justificatif de propriété, DPE, surface, capacité d'accueil et type de logementType image caption here (optional)

L'impact réel sur votre rentabilité

Au-delà de la conformité, ce règlement change l'économie de la location courte durée.

Plus de transparence = plus de fiscalité

Avec la transmission automatique des données, l'administration fiscale connaîtra précisément vos revenus réels.

Combiné à la loi Le Meur qui durcit les abattements micro-BIC, beaucoup de loueurs vont basculer mécaniquement au régime réel. Plus complexe. Plus de comptabilité. Souvent plus d'impôts si vous n'optimisez pas.

Notre conseil : faites simuler votre fiscalité 2026 par un expert-comptable spécialisé en location meublée. L'investissement (300-800€) sera rentabilisé.

Plus de contrôles = moins d'optimisation possible

Les "petites astuces" disparaissent.

Dépassement des 120 jours en résidence principale ? Détecté automatiquement.

Location non déclarée ? Identifiée par croisement de données.

Multi-propriété cachée ? Visible dans le SDEP national.

L'administration disposera d'une vision exhaustive. Mieux vaut être en règle d'emblée.

Plus de concurrence avec les hôtels

Le règlement répond aussi à une demande historique du secteur hôtelier : être traité de la même manière que les locations courte durée.

Les hébergements parallèles non déclarés disparaissent. Le marché s'assainit. Les hôteliers récupèrent une partie de leur clientèle.

Pour vous, propriétaire en règle, c'est une opportunité : la concurrence "sauvage" diminue. Vos prix peuvent légèrement remonter.

Pourquoi ce règlement renforce l'intérêt des canaux directs

Voilà le paradoxe intéressant. Le règlement vise à mieux contrôler les plateformes. Mais il rend aussi les propriétaires plus dépendants d'elles. Et c'est un risque.

Quand votre numéro saute, votre annonce saute

Si l'administration suspend votre numéro pour une raison administrative (logement temporairement insalubre, problème de sécurité, contestation), Airbnb et Booking désactivent automatiquement votre annonce.

Vous perdez vos réservations. Vos revenus. Parfois pendant plusieurs semaines, le temps de régulariser.

Et vous n'avez aucune négociation possible avec la plateforme. C'est automatique.

Les commissions s'ajoutent aux contraintes

Vous payez 14-18% de commission à Airbnb ou Booking sur chaque réservation. Sans compter les frais voyageurs.

Sur une location à 1 000€ la semaine, ça représente 140€ à 180€ qui partent à la plateforme. Sur 20 semaines de location par an, c'est 2 800€ à 3 600€ de revenus en moins.

Avec le durcissement réglementaire, votre rentabilité globale baisse mécaniquement. Compenser par les canaux directs devient stratégique.

Diversifier ses canaux : la stratégie 2026

Les propriétaires les plus avisés diversifient déjà leurs canaux de réservation.

Maintenir une présence sur Airbnb pour la visibilité, c'est utile. Mais ne pas dépendre d'eux à 100%, c'est essentiel.

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Votre numéro d'enregistrement s'affiche tout aussi normalement (vous restez en règle avec le règlement européen). Mais vous n'êtes plus dépendant des algorithmes des géants.

Le contact direct devient un avantage compétitif

Avec le durcissement du marché, les voyageurs cherchent eux aussi à éviter les plateformes opaques.

Les frais voyageurs sur Airbnb explosent (souvent 14-15% en plus). Les frais cachés sur Booking irritent. Les voyageurs veulent du direct, du transparent, de l'humain.

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Le contact direct avec les voyageurs devient un avantage compétitif majeur face au durcissement réglementaire et aux commissions des plateformes en 2026

Calendrier : ce qu'il faut faire et quand

Récapitulatif des échéances pour rester serein.

Mai 2026 : entrée en vigueur

Le 20 mai 2026, le règlement (UE) 2024/1028 devient pleinement applicable dans toute l'Union européenne.

À cette date, votre logement doit être enregistré et votre numéro affiché sur toutes vos annonces. Sans exception.

Été 2026 : premier été sous le nouveau régime

L'été 2026 sera le premier test. Les contrôles seront probablement intensifs, notamment dans les communes touristiques sous tension (côte méditerranéenne, montagne, Paris).

Les plateformes vérifieront systématiquement les numéros. Les annonces non conformes seront retirées.

2027-2034 : durcissement progressif du DPE

D'ici 2034, seuls les logements classés A à D pourront être loués en meublé de tourisme dans les zones soumises à autorisation.

Si votre DPE est entre E et G, planifiez vos travaux d'amélioration énergétique sur les prochaines années.

2031 : évaluation européenne du règlement

La Commission européenne évaluera l'efficacité du règlement au plus tard le 20 mai 2031. Probablement avec un nouveau tour de vis si les objectifs ne sont pas atteints.

Ce que vous devez retenir

Le règlement européen 2024/1028 marque la fin du "Far West" de la location courte durée. Voici l'essentiel à retenir.

Date clé : 20 mai 2026. Entrée en vigueur dans toute l'Union européenne.

Obligation principale : enregistrement préalable de votre logement et affichage du numéro sur toutes vos annonces.

Nouveauté majeure : transmission automatique mensuelle de vos données d'activité aux autorités par les plateformes.

Sanctions : jusqu'à 10 000€ pour défaut d'enregistrement, 20 000€ pour fausse déclaration, 15 000€ pour dépassement de durée. Suspension possible du numéro.

Concernés : tous les propriétaires (particuliers ou professionnels), conciergeries et plateformes.

À faire avant le 20 mai : vérifier votre situation, préparer vos documents, contrôler votre DPE, faire la déclaration sur le téléservice national, mettre à jour toutes vos annonces.

Stratégie gagnante : diversifier vos canaux de réservation pour ne pas dépendre des plateformes. Sur Driing, zéro commission, contact direct, conformité totale avec le règlement.

La transparence devient la règle. Plutôt que de la subir, transformez-la en opportunité. Les propriétaires qui anticipent dès maintenant disposeront d'un avantage compétitif décisif sur ceux qui découvriront le règlement le 21 mai 2026.

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